Palau del Vidre
Eglise Saint Sébastien Rétable Saint Michel Rétable
et Saint Hippolyte Saint Jean Evangéliste
Histoire du village :
Sous la République de l’empire romain, Palau-del-Vidre se nommait « Securinianum » .
Le territoire de la commune était coupé en diagonale par la voie Domitia et les « Villas » (groupes de constructions), et de part et d’autre étaient nombreuses. C’est plus tard, après les invasions barbares que le centre actuel du village prendra forme avec la naissance de la « força » dit « le Fort », aujourd’hui.
Puis le village sera nommé « Palacio Rodegario » (vers le IXième siècle), du nom du Seigneur installé sur la butte de l’église actuelle, à environ cent mètres de la voie antique ; et toute la population alentours viendra y trouver refuge pendant les siècles à venir.
C’est au XIIIième siècle que le village sera donné à l’ordre du Temple Jérusalem par le Comte Guinard II du Roussillon en 1172. Ces moines chevaliers n’auront de cesse de rentabiliser, enrichir et fortifier Palau, ce qui donnera au village l’actuelle disposition de son centre historique et le nom de « Palacio ».
En 1314, les propriétés du Temple sont données à l’ordre des Hospitaliers, Ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui dilapideront tous les biens du Temple jusqu’à la Révolution Française.
C’est dans cette fin du moyen âge (XIV ième XV ième) que l’existence de l’industrie du verre apparaît sur des documents : « Pallacitrum Vitri » est à l’origine du nom actuel de Palau-del-Vidre (Palais du verre).
C’est précisément grâce à sa situation particulière que l’artisanat du verre va se développer : présence de sable siliceux dans le lit du Tech, abondance de combustible provenant des bois et forêts des Albères mais aussi proximité du Marché d’Elne ; enfin, le village est situé sur une voie antique majeure.
Cette industrie du verre se développera pendant tout le XVième et XVIième siècle et disparaîtra après le « traité des Pyrénées ».
Aujourd’hui le nom du village « Palau del Vidre » témoigne encore de ce patrimoine passé et la présence de souffleurs de verre, graveurs et vitraillistes qui créent et fabriquent dans des ateliers selon le méthode artisanale, confère au village toute son identité culturelle et ancestrale.
L’église de Palau del Vidre :
L’église est au centre du village actuel. C’ast autour de ce lieu que se sont ajoutées toutes les constructions à diverses époques.
A cinquante mètres de la voie Domitia, sur une petite hauteur de moine de dix mètres, un lieu sacré a certainement dû être l’arrêt obligé de quelques voyageurs. Par synchronisme, dans les premiers siècles de notre ère, ce lieu a été attribué à Sainte Marie. Ce qui est certain c’est que pendant les périodes troublées du haut Moyen-Âge, un seigneur wisigoth y établit sa demeure. Ce n’est pas un château, c’est une grosse maison fortifiée avec écurie, salle seigneuriale et terrasse. Cette construction est le squelette de notre église actuelle. Elle est de forme rectangulaire avec des murs de plus de un mètre vingt à la base et soutenus de quatre contreforts, dont deux sont encore visibles au nord et nord-ouest.
Une petite chapelle réservée aux seigneurs était attenante à cette « força » ou fortification. Elle devait se situer à l’est de l’habitation principale car la « Trève de Dieu » signée à Toulouges au début du XI ème siècle stipule trente pas à partir du Christ. C’est ce point central qui définit aujourd’hui le quartier du vieux fort.
Apparemment, si on remarque l’absence de successeurs directs à ces seigneurs locaux, c’est le Comte du Roussillon qui héritera de la « Força » ainsi que des terres et des droits de justice liés du domaine. En 1172, la Seigneuriale de Palau est donnée au Temple ; notre église devient alors commanderie seigneuriale templière.
Description :
Il s’agit d’un édifice doté d’une vaste nef unique couverte en arc brisé et divisée en trois travées par deux arcs diaphragmes. Elle est terminée par un chevet plat, bordé au nord et au sud par deux chapelles à fond plat.
A l’origine l’église était couverte d’une charpente apparente sur arcs diaphragmes et avait conservé des éléments de sa décoration peinte du XIV° siècle.
Une restauration récente a fait disparaître la charpente médiévale et le retable de l’autel majeur datant de 1648, œuvre de Lazare Tremulas le Vieux.
Un mur ancien avec une fenêtre datant de l’époque romane ont été utilisés dans la construction du chevet de l’église actuelle, qui constitue une vaste salle couverte d’une charpente apparente reposant sur deux arcs diaphragmes. Deux chapelles latérales ont été ouvertes postérieurement de chaque côté.
L’église est précédée d’un porche couvert. La porte primitive se situe en avant du porche, elle est composée de pierres de taille et de piédroits.
La réfection de cette église : Inauguration le 22 avril 1773 :
Il semble qu’on ait réemployé plusieurs éléments de l’époque romane, la fenêtre au chevet, les piliers et leurs impostes soutenant les arcs diaphragmes, à gauche du chœur dans la dernière chapelle un mur très épais subsiste, il ne sert plus à rien.
L’église conserve : un retable de Saint Michel Archange et Saint Hippolyte peint en 1454 par Arnaud Gassies (C), fils d’un artiste de Valence, un retable du Rosaire du XVI°siècle (C), un retable de Saint Jean XV° siècle (C), un tabernacle peint par H. Rigaud (1609, C), au sommet du retable central : une Vierge ouvrante (XVI°siècle,C) et un calice en argent (XVI°siècle,C).
(CR – Au XVI° siècle, l’église paroissiale de Palau aurait été consacrée à Saint Sébastien, pourtant elle est connue sous le vocable de Sainte Marie).
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